mardi 25 septembre 2012

Ainsi naquît la tradition …

La mise en place d'un arbre peut demander des opérations multiples dont l'exécution doit être d’autant plus soignée que l'arbre est plus âgé, plus coûteux et la plantation plus tardive.
Le souci de planter un arbre à la profondeur convenable doit être prédominant. Son avenir en dépend. Il faut éviter l’affranchissement des arbres greffés en pied pour garder une vigueur constante. La taille de plantation n'accepte pas de mesures précises ; elle s'efforce de réaliser un équilibre fonctionnel et repose sur la valeur active momentanée de l'appareil radiculaire.
(Léon Cuny, Le bon jardinier, 1947)
Les travaux de plantation - arboriculture fruitière

Je vais vous raconter un haut fait de l'histoire des jardins ... La vraie histoire de la plantation des arbres des premiers ministres dans le parc de Matignon … je commence par celui de Raymond Barre …  début d’un drôle de bazar qu’on a eu rapidement fait d’appeler « une tradition » … Témoignage rarissime en histoire des jardins, un des acteurs est encore vivant … Moi ! J’y étais, pas bien vieux certes mais bien présent.
Un jour de l’année 1978 on apprend que des enfants canadiens vont offrir un arbre au premier ministre …
A la question : quelle variété, quelle force, quel emplacement ? Pas de réponse … le jardinier chef de l’époque avec d’autres personnes déterminent un endroit sur la grande pelouse (un vide) bien visible du bureau du PM … comme on ne connait pas la grosseur de l'arbre, on anticipe ...  Avec, un autre jardinier nous creusons une fosse de 4 m3, (2x2x1) on évacue la terre à la brouette vers une décharge situé à 150m du lieu de plantation… un vrai bonheur de petite journée … « C’est un érable »  nous informe triomphalement un fonctionnaire de l’Hôtel … quelle variété ? Quelle grosseur ? pas de réponse … En attendant, une nouvelle terre est arrivée par camion … les mêmes bouchent le trou laissant une fosse ouverte de 1m sur 1m pour accueillir notre futur ami canadien …  La cérémonie approche … « Il ne serait pas très gros » nous rapporte prudemment ce même fonctionnaire … La tension monte … le fonctionnaire nous calmera en disant cette phrase magnifique qui restera «hé!! on aura fait le maximum » Certes … La fosse est réduite à 50cm sur 50cm … on attend … le fonctionnaire revient … un peu gêné .. « j’ai vu l’arbre, il est grand comme ça » en faisant avec les mains … C’est un jeune plant d’Acer saccharum de 30 cm … Les mêmes rebouchent complètement le trou, re-plaquent le gazon pour laisser un petit carré de terre avec un transplantoir bien nettoyé dans un seau avec un peu de terre … La cérémonie se déroule, reste en place un petit bâtonnet dépassant au milieu d’une grande pelouse … il restera un an ou deux à cet endroit et sera transplanté par la suite dans un bosquet un peu plus loin… restera également une fosse de 4m3 de bonne terre au milieu de la grande pelouse qui devrait quelque peu perturber un archéologue si jamais il fouille dans ce coin.
Ainsi naquît la tradition … 

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