jeudi 3 mai 2012

N’est pas éponge qui veut ...

J’éprouve simplement beaucoup de plaisir à me promener dans ce parc. Les lieux que j’aime sont ceux ou chaque ballade est mémorable et toutes les fois différente. Et où il est difficile, justement, d’analyser son plaisir. Ainsi, je suis souvent entré en douce à Kerdalo, à Méréville ou à Levens Hall, ce jardin au nord de l’Angleterre avec des topiaires extraordinaires. Il y a une fragilité à Courances qui est émouvante. C’est un des seuls parcs géométriques où j’aime marcher. On s’y sent libre. Il n’y a pas de parcours obligé. Le promeneur éprouve sa liberté mais perçoit aussi celle de ceux qui y vivent. Ce que j’aime à Courances, c’est qu’il ne s’agit pas d’une lecture directe de l’histoire, qui serait forcément une illusion. Il y a une superposition d’histoire mais on ne sait (…) que vaguement qui a fait quoi et quand. On ne ressent jamais la lourdeur d’une reconstitution historique. C’est un lieu plus réel que ça.
(Pascal Cribier, Courances, 2003)
Eugène Atget, Vue des Jardins -  Palais Royal, 1909

Un ami paysagiste dit que pour ressentir un jardin il faut se transformer en éponge. Ici, Pascal Cribier et Eugène Atget nous en font, à leur manière, une brillante démonstration. Etre une éponge c’est absorber tout ce que donne le jardin … être une éponge, c’est accumuler les sensations… ces sensations ont-elles besoin d’être analysées par la suite ? je ne sais pas.  Je ne crois pas. Mais je peux vous dire une  chose : bizarrement, être une éponge, ce n'est pas aussi simple et cela demande beaucoup beaucoup de travail … bref ! n’est pas éponge qui veut ...

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