jeudi 11 avril 2013

Parc de Sceaux ...

Aujourd'hui, hélas ! Les superbes cascades de jadis n'existent plus. Jusqu'à nos jours, nous avons vu un simple tapis-vert les remplacer. Pourquoi faut-il qu'on ait cru devoir en donner une nouvelle version, nous ne craignons pas de l'écrire : véritablement hideuse ! Cette décoration cubiste de pierres lisses, sans sculpture, implacable, sèche au regard, constitue non seulement une offense au bon goût, mais encore une rupture d'harmonie avec ce lieu chargé de passé et qui en a conservé les grandes lignes. C'est un défi à ses lois, alors que l'on était en droit d'exiger des architectes qui prétendaient le ressusciter, de le respecter, du moment qu'ils avaient l'honneur d'être appelés à le continuer, ce Passé, en le liant au Présent. Rupture d'harmonie, nous le répétons, qui constitue ici un barbarisme visuel, dans ce parc du XVIIe siècle : la vue est insoutenable.
 (Ernest de Ganay, Beaux Jardins de France,1950)
Eugène Atget : Le parc de Sceaux au début de XXe siècle
Eugène Atget : parc de Sceaux, début de XXe siècle
Henri Graindorge, les Parterres

François Kollar, La cascade de Léon Azéma, parc de Sceaux.
Sacré Ernest ... Il n’y va pas de main morte … je ne sais pas si Léon Azéma a réagi ou non … Ernest de Ganay est un nostalgique du Grand Siècle, on ne le refera pas ... Mais au-delà de cette nostalgie encore très répandue, c'est l'incapacité à admettre, à encourager le contemporain ... C’est l’incapacité à comprendre la destinée d'un jardin. Y-a-t-il chez Ernest de Ganay un refus ou une incapacité à lire un jardin sans avoir au préalable consulté les archives qu’il nomme très élégamment ses notes de voyage ... ? " Nos notes de voyage sont là heureusement pour préciser les lieux et nous ramener vers les chemins de l'histoire de l'Art ... " Certes, c’est bien dit ! Mais un jardin a t-il besoin d'être "précisé", historiquement parlant, pour être ressenti ... ? Faut-il, encore une fois, un plan ancien du jardin pour en déterminer la valeur patrimoniale actuelle ?... A la vue du parc de Sceaux en ruine représenté par Atget, a-t-on besoin de "notes de voyage" pour être ému et comprendre que nous sommes en présence d’une œuvre colossale ?... Ce qu’écrit de Ganay sur la cascade d'Azéma est terriblement injuste et je me demande, quitte à être aussi injuste que lui, s’il n’y a pas ici un esthétisme qui lui échappe car aucune archive ne le renseigne ...





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