mardi 7 février 2012

Le jardin disparait ...


La linéarité des séquences (promenade des jardins)  ordonne mouvements, évènements, espaces dans une progression qui rassemble ou juxtapose des esthétiques ou des activités divergentes.
(Bernard Tschumi, « Combinatoire », in textes parallèles, 1985)

Un jardin ne s’ouvre pas sur une vue,  il s'ouvre sur un territoire ... Que montre Salomon de Caus dans son ouvrage publié en 1620 l’Hortus Palatinus ? L’élément majeur que les historiens ont noté, est la description du jardin et non du palais. En effet, l’ouvrage est une compilation de planches représentant les détails du jardin. La seule gravure qui nous permet de réellement comprendre ce jardin, ce n’est certainement pas le plan ; mais la vue représentant le jardin, le château, le territoire. Ce territoire est le Palatinat de Frédéric V. Ce territoire comprend la ville d'Heidelberg, capital de la région, des routes d'accès, un pont, le fleuve Neckar allant vers le Rhin, une plaine agricole et la montagne au loin qui marque la frontière … Ici comme ailleurs, le jardin est au centre de son territoire. On pourrait ajouter que le jardin  organise le territoire… le jardin regarde ce qu’il a créé … Amputer le jardin de son territoire revient somme toute à créer une compilation de scènes n’ayant pas grand rapport entre elles … Quelle que soit l’évolution du territoire, en aucun cas on ne peut séparer celui-ci du jardin… Une éolienne n’est ni belle ni laide, elle peut être à l’échelle ou pas… ce que vous ressentez en regardant une éolienne, un paysage bucolique ou une usine abandonnée est culturel, rien d’autre... Mais il y a plus grave, en isolant le jardin de son territoire, il disparait …
 

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