lundi 30 avril 2012

L'alignement de Courances ...

J'ai restauré le parc en étant, je crois, fidèle aux grandes lignes du passé. Mais on a très peu de plans montrant de manière précise le dessin d'antan et j'avoue que je n'ai pas cherché à m'en inspirer.
(Jean-Louis de Ganay, Courances,2003)

Le canal de Courances et les alignements de peupliers
Après abattage des peupliers


Ce jour la, j'ai eu la chance de m'entretenir avec Jean-Louis de Ganay, propriétaire et magnifique restaurateur du parc de Courances. Il souhaitait abattre les peupliers composant l’alignement le long du canal. La discussion portait sur le choix des innombrables essences possibles à replanter. Le maitre des lieux m'expliqua pourquoi il avait planté ces peupliers aussi serrés. 
-Le peuplier pousse vite, après guerre, cet espace était ruiné, j'étais pressé de reconstruire. Je les ai plantés très serré pour qu'ils poussent droit et vite.
Mais pourquoi voulez vous replanter la même espèce ?
-Pour le feuillage et pour le tronc. Je veux un arbre léger, au tronc et au feuillage clair, cet arbre laisse passer admirablement la lumière. Les houppiers ne doivent pas se rejoindre au dessus de cet immense canal et le ciel sera visible. Je ne veux pas de sombre. Je veux de la lumière, voir le ciel se refléter dans le canal. Si je mets du Hêtre, du Charme, ou du Platane je n'aurais pas cet effet là.
Mais le peuplier sera à maturité dans 40 ans.
-Tant mieux, avec de la chance, je les verrai peut être ... je les abattrai à nouveau, la vente financera la replantation.
En dehors de l’analyse sensible du lieu qui mérite au moins un chapitre, Jean-Louis de Ganay nous apporte ici une belle leçon de gestion d'alignement. L’espace est considéré dans son ensemble – canal, eau, ciel, arbres, vides pleins …L’alignement est une composition, une unité qui ne peut être altérée, qui ne peut être séparée de l’ensemble. Jean-Louis de Ganay nous rappelle ici que l’alignement n’est pas éternel, il vit et meurt. Quand l’alignement meurt, les arbres qui le composent sont entrainés dans sa fin. Jean-Louis de Ganay ajoute la notion de cycle et d’économie. L’espace s’auto-financerait … la composition elle, devient éternelle en quelque sorte…

(Je n'ai pas malheureusement pas noté par écrit les mots exacts de Jean-Louis de Ganay, mais je ne pense pas ici trahir sa pensée)

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