mercredi 28 novembre 2012

Plantouilles corsicus ...

Avec 131 végétaux strictement endémiques, la flore vasculaire de la Corse présente une originalité remarquable. Néanmoins, elle offre de nettes affinités avec celle de la Sardaigne (…)La flore endémique de la Corse comprend 296 taxons : les taxons endémiques strictement corses sont au nombre de 131 ; les corso-sardes sont 75 (auxquels on peut ajouter 14 corso-sardes/archipel toscan) les baléaro-corso-sardes 11 les autres endémiques (Corse-Sardaigne-Italie, Corse-Pyrénées. Corse Alpes. Corse-Sierra Nevada...) 65. (…)Selon cette étude, la répartition de cette flore endémique dans les étages de végétation (certaines espèces endémiques sont présentes dans plusieurs étages) montre une richesse maximale à l'étage montagnard (154 taxons présents), suivi, dans l'ordre, par les étages supraméditerranéen (141), mésoméditerranéen (115) et subalpin (98). Par contre, la comparaison, pour chaque étage, du nombre d'endémiques avec le nombre total de taxons présents à l'étage montre la très grande richesse relative en endémiques des étages alpin (43,97 %) et cryo-oroméditerranéen (47,4 %), dont presque la moitié des taxons présents sont des endémiques (mais la flore y est pauvre en nombre de taxons). L'étage mésoméditerranéen, dont la flore comporte, il est vrai, plus de 1 500 taxons, n'offre modestement que 6,31 % d'endémiques.

(Jacques Gamisans et Jean-François Marzochi, La Flore endémique Corse, 1996)


1)  Helleborus argutifolius,  Hellébore de Corse  --  2)  Paeonia mascula , Pivoine corse  --  3)  Euphorbia hyberna ,  Euphorbe insulaire --  ( photographies :  La Flore endémique Corse, 1996)


Le casgile familial et pins de Corse (Pinus laricio) dans les montagnes du Niolo.
J’en reviens aux plantes préférées … OUI,  j’avoue que j’ai un faible pour certaines plantes, … je vous fais une liste bien significative … dans l’ordre je dirais … le Pin de Corse, l’Hellébore de Corse, l’Euphorbe de Corse, la Pivoine Corse et la Menthe de Corse… sans être grand psy vous devinez un léger problème régionaliste… Ces cinq plantes sont de chez moi … Ce "chez moi" se situe chez elles ...  là haut dans les montagnes du Niolo  … la menthe est fabuleuse, on la repère une fois piétinée … vous êtres enveloppé, contaminé par le parfum …une vraie drogue ...  … la pivoine  corse c’est le Graal …
Quand j’étais encore un vrai jardinier, c'est-à-dire avec un jardin, j’en ramenais de là-bas (ce n'est pas bien) et les plantais dans "mon" jardin (sauf la pivoine qui est quasi introuvable et heureusement protégée)… Un jour, j’avais sous le bras une hellébore et une euphorbe (helleborus corsicus et Euphorbia hyberna) Un vieux monsieur m’interpelle étonné "Mais qu’est-ce que tu fais avec ça ?" (il faut dire que là haut, c’est un peu les "mauvaises herbes" des sentiers) je vais les planter à Matignon … « A MATIGNON ??? » tu vas mettre ça à Matignon ??? S’ensuivit une série onomatopées dont on a le secret en Corse, du genre "oun bah ! pô pô pô ! é bèh ! … Tù sì scemu" … Ça aussi (l’euphorbe) tu la plantes à Matignon …?  je répondais un peu mollement "bah oui, peut être""tu sais, cette plante", me dit-il, "on s’en servait pour protéger les fromages contre les mouches" (la hantise du berger) "elles sont répulsives" … "elle était cultivée ? Parce que je l'ai trouvée près du casgile de mon grand père"  Il ne savait pas … dommage… je suis retourné voir … mieux voir. Ce casgile, une salle fraiche où l'on entrepose les fromages,  n’est pas isolé, le terrain autour est aménagé en  terrasses, il est au bord d’une rivière … on y trouve une concentration d’euphorbes... Je sillonne autour du terrain et là plus rien. Je me suis dit "c'est curieux, il faut étudier ça", malheureusement je n’ai pas encore gratté… mais un berger qui produit plusieurs dizaines de fromages par jour irait-il courir la montagne pour chercher une plante qu’il utilise tous les jours et de surcroit vitale pour son économie  … ? Cultivée ?? Favorisée ??  Ce n'est pas impossible ….   (la flore présentée ici apportera un début de réponse :  Cette euphorbe se comporte comme une nitrophile et constitue souvent des populations importantes et denses dans les clairières des forêts et près des bergeries (700 -  2 000 m).

Jacques Gamisans et Jean-François Marzochi, La Flore endémique Corse, 1996

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