vendredi 23 novembre 2012

Pourquoi un plan de jardin 2 ...

Pour ce qui est du traitement graphique des plans de jardins à proprement parler, le XVIIe et les premières années du XVIIIe siècle innovent peu. L'épure quasi mathématique sied aux grandes ordonnances «à la Le Nôtre ». Parmi les artistes qui dessinèrent les jardins dans le style irrégulier au XVIII` siècle, on trouve parfois des peintres, des «jardiniers» (au sens anglais), mais le plus souvent des architectes. Il était indispensable, tant pour permettre au commanditaire de se faire une idée globale du projet que pour servir de guide aux différents corps de métier intervenant dans sa réalisation, d'établir de vastes plans d'ensemble très détaillés ; d'où cette vogue de la « cartographie jardinière ou horticole ». Elle utilise, bien sûr, les conventions graphiques habituelles de la technique du levé de cartes (l'indication assez poussée du relief par le système des ombres, entre autres), mais en même temps elle les niet en scène avec une volonté esthétique particulière. Si l'on regarde les plans de Bélanger pour la Folie Saint James ou Bagatelle, ceux de Brongniart ou encore de Bergeret pour l'Isle-Adam, on reste frappé par la part de rêve qu'ils suscitent immédiatement. En même temps que l'œil découvre les détails, l'imagination anticipe ces paysages futurs. Les conventions s'accumulent, les arbres grandissent démesurément et se mirent dans le cours de la rivière, les plus belles fabriques figurent en vignettes aux coins de la carte. Et l'on retrouve dans cette cartographie poétique une sorte de parenté avec les pays fantasmatiques et utopiques de la littérature, entre Houyhnhnms et l'île de Prospero.

(Monique Mosser et Georges Teyssot, Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours, 1991)


Le parc de Digoine vers 1775-1778



Ce plan de Digoine montre beaucoup de choses ... En premier lieu un château, son parc, la composition et l'organisation du domaine … mais aussi une composition ancienne (les quinconces en haut à gauche), une économie : l'étang et le moulin au milieu à droite, des cultures à droite du château et les vignes en bas à gauche ... Il montre aussi le plus important "la source" symbole de Digoine à la pointe haute de l'étang ... que montre t-il encore ce plan ? ... et bien le père Digoine (si je peux l'appeler ainsi) nous montre qu'il n'est pas un ringard de province ... Le plan du jardin est la pour montrer à tous qu’il est de bon goût, qu'il est à la mode ... à la mode anglo-chinoise ... comme les grands jardins des Cahiers de Le Rouge (je vous laisse apprécier les formes) ... On peut même dire que Digoine est un jardin anglo-chinois-agricole® (est-ce que je viens d'inventer la formule ?)... Anglo-chinois donc, du moins sur le papier, sur le plan, car en vrai, c'est à dire sur le terrain aux alentours de 1775, c'est loin d'être prouvé ... Les jardins me passionnent !!! ...

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