mercredi 14 novembre 2012

Le réchauffement climatique c'est sacrément la merde !! ...

L'arabica, à la saveur fine et à la culture délicate, ne sera-t-il qu'un lointain souvenir pour le palais des amateurs de café ? C'est ce que laisse présager une étude réalisée par la Royal Botanic Gardens de Kew (Royaume-Uni), en collaboration avec des experts éthiopiens, et publiée mercredi 7 novembre dans la revue américaine PloS One. Leur conclusion : le café arabica pourrait disparaître avant la fin du siècle en raison du changement climatique.
Les chercheurs ont mené deux types d'analyses en fonction de trois des scénarios d'émissions de gaz à effet de serre et d'augmentation des températures établis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (+ 2,4 °C., + 2,8 °C. et + 3,4 °C.). La première, par localité (349 étudiées), conduit à une chute de 65 % à 99,7 % des lieux propices à la culture d'arabica d'ici 2080, comme le montre le graphique suivant. La seconde, par région, conclut à une réduction de 38 % à 90 % sur la même période.

La raison ? Le café, et en particulier l'arabica, s’avère une culture très dépendante du climat : les graines poussent dans une fourchette de températures restreinte, entre 19 et 25°C. Quand le thermomètre grimpe, la photosynthèse s’en voit affectée et dans certains cas, les arbres s’assèchent. Les caféiers pâtissent en outre de la hausse des périodes de fortes précipitations et de sécheresses prolongées, entraînée par le réchauffement de la planète.
"La disparition du café arabica est une perspective effrayante", s'inquiète Aaron Davis, qui a dirigé l'étude. D'autant que ces résultats pourraient être sous-estimés."Les modèles supposent une végétation naturelle intacte, alors que les forêts montagneuses de l'Ethiopie et du Soudan du Sud sont très fragmentées en raison de la déforestation, écrivent les chercheurs. D'autres facteurs susceptibles de s'avérer aggravants, tels que les parasites et les maladies, les changements dans les périodes de floraison, et peut-être une réduction du nombre d'oiseaux (qui dispersent les graines de café), ne sont pas inclus."
En réalité, la production de café pourrait se poursuivre sous serres, aux bonnes conditions de températures. "Mais l'arabica est considéré comme important pour la durabilité de l'industrie du café en raison de sa formidable diversité génétique", expliquent les auteurs de l'étude.
Au final, la menace de sa disparition met en péril les moyens de subsistance de millions de personnes qui le cultivent et le produisent. Les cultures d'arabica représentent un peu plus de 60 % de la production mondiale de café, avec 4,86 millions de tonnes produites cette année pour un montant de 16 milliards de dollars. Les exportations de cette variété s'avèrent cruciales pour les économies de pays comme le Brésil, le Soudan ou l'Ethiopie.
Depuis quelques années toutefois, l'arabica a perdu du terrain au profit du robusta. Ce dernier, moins prestigieux mais bien moins cher, s'avère notamment très présent dans les pays émergents asiatiques, où la demande de café explose depuis une dizaine d'années et où les budgets sont plus serrés qu'en Europe. A la Bourse de New York, le prix de l'arabica a ainsi perdu 32 % depuis le début de l'année.

Domaine de La Grivelière en Guadeloupe cultive du café depuis le 17e siècle
Extrait des Listes de Léré du domaine de Compiègne - 1827

Pour être une mauvaise nouvelle c'est une bien mauvaise nouvelle ... il ne manquait plus que ça ... on ne boit plus, on ne fume plus et bientôt exit le café arabica !! ... Souvent on me pose la question de la prise en compte du réchauffement climatique dans les jardins ... je dois dire qu'en France c'est un sujet un peu zappé... On assiste bien à des renouvellements de plantes exotiques par des plantes indigènes ... c'est un autre sujet et une manœuvre, comme vous le savez, que je condamne fermement ... en fait la réponse à la question devrait être plus simple que prévue ... l’acclimatation c'est notre truc dans les jardins, ça fait quelques siècles que les jardiniers acclimatent des plantes ... Rappelez vous des bâches à Ananas au domaine de Compiègne, l’acclimatation des arbres exotiques au Jardin des Plantes de Nantes ou bien les travaux d’acclimatation de plants forestiers exotiques de l’Arboretum d’Harcourt … les exemples ne manquent pas ... L'avenir sera-t-il jardinier ? Le jardin aura t-il encore la possibilité d'être ce laboratoire pour l'agriculture de demain ? Aujourd’hui, je ne le pense pas du tout mais en revanche pour demain, il serait bien de lui donner ce rôle ... 

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