lundi 22 octobre 2012

Etre Corse ... ?

Sans ami, sans appui, sans argent, sans armée, asservis à des maîtres terribles, seuls vous avez secoué leur joug. Vous les avez vus liguer contre vous, tour à tour, les plus redoutables potentats de l'Europe, inonder votre île d'armées étrangères : vous avez tout surmonté... Il s'agit moins de devenir autres que vous n'êtes, mais de savoir rester vous-mêmes. 
(Jean-Jacques Rousseau, Projet de constitution pour la Corse, 1763)
Carte postale
Etre corse et tenir un blog en ce moment et ne pas parler de la Corse et de la violence, non pas actuelle mais, qui continue inlassablement ... n’est pas chose facile … je me souviens, il y a quelques années, le 11 avril 2006 exactement, j’étais en Sicile. La police venait d'arrêter le capo des capi Bernardo Provenzano … une population courageuse s’était rassemblée à Parlerme, elle applaudissait la brigade anti-mafia ...
Bref ! ... On a encore du boulot … 



Pour mémoire, un extrait de la Constitution Corse du 18 novembre 1755.
   
Magistrature Suprême (rédigé à Caccia les 21 et 22 juillet 1755)

Art. 10 - La vie d'un homme est souvent en danger par vil intérêt, suspicion ou caprice. Les conséquences en sont funestes à l'ordre et au bon renom de la nation, les champs et le commerce sont délaissés, l'éducation des enfants négligée, les familles détruites, la dépopulation et la désolation son partout. Pour soigner une maladie, il faut en découvrir l'origine et y adapter le remède. Les homicides en Corse sont favorisés par une mentalité spéciale qui taxe de lâche celui qui ne se venge pas ; le point d'honneur est en jeu: laver l'outrage dans le sang. La seconde cause est dans l'impunité ; la vendetta devient ainsi un mal nécessaire. Les crimes restent impunis par le gouvernement génois qui tient à ce que les Corses soient divisés. La Vendetta n'est, au fond qu'une justice personnelle, à défaut de celle de l'Etat. Mais le pardon des injures n'est pas lâcheté, c'est une grandeur d'âme. Celui qui pardonne, triomphe de la haine qui est la plus déréglée des passions et se montre ainsi un Homme réellement fort. 
La persuasion n'étant pas suffisante pour avoir raison d'un mal si profondément enraciné, nous avons jugé d'y suppléer par une loi. Tous ceux qui se rendront coupables d'homicides, seront cloués au pilori du déshonneur et de l'infamie, jugés incapable d'obtenir un emploi public, ainsi que leurs enfants; leurs biens seront confisqués ou détruit et la peine de mort sera prononcée contre eux, sauf le cas de légitime défense. Les coupables d'assassinat seront attachés à la queue d'un cheval, leur maison rasées et les arbres leur appartenant, coupés. La même peine sera appliquée aux sicaires, a ceux qui attentent à la vie d'un chef ou qui exercent une vengeance transversale.

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