jeudi 14 mars 2013

A Champs, ça ne marche pas, mais on le sait ...

Les modifications apportées par les sociétés humaines aux équilibres naturels ont varié selon les époques et selon les régions. En gros, nous pouvons admettre que l'humanité est passée par les étapes suivantes (d'après P. Dansereau et W. Sassin) :

— découverte de l'instrument, pratique de la cueillette, de la chasse, de la pêche. Paléolithique I.s.  (consommation individuelle d'énergie : environ 5 thermies par jour (5000 grandes calories par jour)).

— domestication des animaux : stade pastoral plus ou moins nomade (énergie consommée : environ 8 à 10 th/jour) Paléolithique supérieur et Néolithique; (Energie consommée : environ 8 à 10 thermies/jour)

— invention de l'agriculture, sédentarisation et structuration des sociétés rurales  du Néolithique au xvii' siècle en Occident; (Énergie consommée: 12 à 25 thermies/jour)

— invention de l'industrie, développement des techniques, urbanisation, 18e et 19 siècles en Occident; (Énergie consommée: 70 à 80 thermies/jour)

— révolution cybernétique : l'homme modifie les équilibres planétaires et pénètre dans le cosmos, depuis 1968. (Énergie consommée: 220 thermies/jour)
Il est intéressant de noter que le préhistorien G. Camps considère que le stade n° 1, exigeant très peu de travail, est resté dans l'inconscient des hommes comme l'âge d'or. Le stade n° 3, et peut-être le 2, impliquent en revanche les durs travaux des champs et, par suite de la concurrence pour la terre cultivable, l'apparition de la guerre. Le péché originel et la malédiction divine se situeraient donc au Mésolithique... (Lameyre).
Il est presque inutile de rappeler que certains peuples ont sauté des étapes, et que les diverses régions du globe ne sont pas arrivées actuellement au même point de l'évolution : les paysages portent autant la marque des sociétés que les traits de leur nature initiale (donc comment se passer de l'histoire ?)
La question se pose alors de déterminer à quel niveau d'intervention anthropique le milieu cesse d'être naturel. Question redoutable... Nous répondrons qu'un milieu géographique est encore naturel lorsque les écosystèmes holocènes (7000 ans environ) y jouent encore le rôle principal, organiquement et statistiquement. Au stade de la cueillette et au stade pastoral, pas de problème, le milieu n'est modifié que superficiellement. Au stade agricole, deux échelons sont à envisager. Ou bien les sociétés rurales restent frustes, c'est-à-dire qu'elles cultivent les espèces locales ou acclimatées, pratiquent des restitutions simples (cendres, fumier), utilisent des mécaniques non polluantes, construisent leurs habitations en matériaux naturels, et conservent des contacts avec le milieu brut par la chasse et la cueillette : le milieu « naturel » (il faut désormais user de guillemets) reste reconnaissable. Exemples : les campagnes européennes du 18e siècle, les terroirs africains actuels traditionnels. De l'écosystème on est passé à l'agrosystème : le paysage n'est que retouché. Ou bien les hommes cultivent des hybrides issus de manipulations génétiques, utilisent des techniques raffinées grosses consommatrices d'énergie, soustraient leurs cultures aux aléas du climat : bref vivent d'agribusiness et non plus d'agriculture : le milieu n'est plus naturel, même avec des guillemets. Exemple : les monocultures céréalières des Grandes Plaines américaines, le vignoble du Bordelais. Le paysage est construit, au même titre qu'une ville ou une usine. La limite entre ces deux milieux pourrait se situer vers une consommation énergétique d'une vingtaine de thermies/jour, par habitant et ce quelle que soit la densité humaine.
En conclusion, l'écosystème des naturalistes reste à la base du milieu géographique naturel tel que nous le concevons. Mais, d'une part, il faut y majorer le rôle du biotope et encore plus le rôle des sociétés humaines ; d'autre part, il est possible de considérer qu'un milieu peut être encore qualifié de « naturel » jusqu'à un certain degré d'anthropisation.
(Jean Demangeot, L'homme dans le milieu naturel,1994)



On a souvent le don de mélanger les choses … jardin et Nature, biodiversité et gestion différenciée, développement durable et Zérophyto … etc. L’installation de gestion différenciée dans les jardins semble toujours être la bonne idée … Il y a un petit mensonge derrière qui tend à faire croire qu’une prairie fauchée une fois par an est une installation de biodiversité … On en reparlera … Dans un jardin, si l’on veut installer une gestion différenciée, le premier élément à prendre en compte est comme toujours, ... le jardin … Prenons l’exemple de Champs-sur-Marne … (C’est fou, quand on a besoin d’un exemple c’est Champs … Champs est et sera toujours le bon exemple) ... A Champs, je vous en avais parlé ... le régulier et l'irrégulier s'articulent merveilleusement … Les pariries irrégulières sont fauchées une fois par an ... Mais quand l'herbe est haute, la lecture est altérée (voir photographies)...  La question du jour est donc : Peut-on appliquer une gestion différenciée des prairies à Champs sachant que quand l'herbe est haute, la lecture du jardin est altérée ? Vous connaissez ma position .... Le jardin avant tout ... Si je suis ma logique, je suis pour une fauche tous les 15 jours (Déjà, Jean-Luc Dargent, le jardinier en chef prend sa plume ou son clavier pour me dire ses quatre vérités) Mais non !!! pas besoin !!! Jean-Luc a raison d'appliquer cette gestion … Elle est avant tout économique … De août à mai/juin la lecture fonctionne, ensuite l’articulation se ferme ... offrant tout de même autre chose … Mais cette gestion est tout à fait acceptable uniquement pour une seule raison : Jean-Luc Dargent sait exactement ce qu'il fait et rien n'est dû à de l’ignorance …

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