jeudi 9 mai 2013

J'aime les parterres du Jardin des Plantes ...

On peut les jardins en quatre sections principales, en raison de leurs divers usages : la première comprend les jardins économiques ou légumiers, à commencer par ceux qu'on appelle marais, près des grandes villes, jusqu'à ceux que l'on nomme potagers, qui accompagnent presque toujours les grands jardins de plaisance; la seconde se compose des jardins fruitiers ou vergers, dans lesquels les arbres sont ou abandonnés à leur croissance naturelle, ou soumis à l'art de la taille : la troisième renferme les jardins de botanique destinés à la culture des séries plus ou moins nombreuses des plantes propres à l'étude de cette science, ou employés dans la pharmacie et la médecine ; dans la quatrième enfin se trouvent les jardins d'agrément ou de plaisance, dont le nombre varie à l'infini, suivant les localisations, la nature du sol, la situation et le climat.Ces jardins doivent eux-mêmes être divisés en trois séries principales, savoir : 
1. les jardins symétriques, à la composition desquels procèdent la règle et le compas, et que l'on exécute au moyen de la toise, des jalons et des cordeaux: 
2. les jardins chinois, anglais, ou du genre irrégulier, qui n'ont pour principe que le caprice ou la fantaisie de leurs constructeurs et les facultés de leurs propriétaires; 
3. les jardins de paysages, paysagistes, paysagers, ou de la nature (noms que l'on donne dans les divers ouvrages qui en traitent spécialement).
Les jardins symétriques n'admettent dans leur composition que des formes régulières, et des surfaces plus ou moins planes dans leurs parties et même dans leur ensemble. Tels sont les jardins du Palais royal, du Luxembourg, des Tuileries, de Versailles. L'architecte Le Nôtre, au commencement du siècle dernier, a fourni les plus beaux modèles de ce genre.
Les jardins de la deuxième série offrent, dans un espace très rétréci, toutes sortes de formes fantastiques, en même temps que les diverses productions des arts et les fabriques de toutes espèces, amoncelées sans nécessité et sans rapport entre elles. Tels étaient les jardins de Monceau et de Chaville, tels sont encore une grande partie de ceux qui ont été exécutés à Paris, dans les temps modernes.Enfin, le caractère de la troisième et dernière série de jardins d'agrément est d'imiter les plus belles scènes de la nature, en faisant disparaître l'art qui a servi à les établir. Ceux d'Ermenonville, de Guiscard, de Méréville, de Trianon, de Jambeville, de Moulin-Joli, construit par Watelet, de l'Académie française, Girardin, Morel, Bélanger, MM. Lecourbe, Blaikie, etc. offraient et offrent encore de beaux exemples de cette série de jardins, chantés avec tant de grâce par Delille, dans son poème des Jardins. 
Ceux-ci ne doivent pas être confondus avec les jardins qu'on nomme communément chinois ou anglais, puisque c'est la Nature qui a fourni leur modèle, et que les principes d'après lesquels ils ont été établis ont été posés en France, dès le commencement du siècle dernier, par Dufresny. Cet architecte a donné un beau modèle de cette construction sur un terrain qui lui appartenait, dans le faubourg Saint Antoine, à Paris. Les plans qu'il présenta à Louis XIV des vastes jardins de Versailles, de Meudon et de Saint-Germain-en-Laye, dont quelques-uns ont été gravés, suffisent pour lui assurer l'antériorité sur ses concurrents en ce genre.
Cette série de jardins paysagistes ou de la Nature offre cinq sections différentes, qui comprennent les jardins champêtres, sylvestres, pastoraux, romantiques, et les parcs ou carrières. Ces noms leur ont été donnés en raison des caractères qui les distinguent dans leur ensemble, et dont nous tracerons ici une légère esquisse.Un sol plan ou peu tourmenté, des prairies, des terres labourables, des cultures économiques, des vergers agrestes, des bouquets de bois, des masses fleuries, une culture soignée, des eaux vives, des fabriques agricoles et des vues ménagées sur tout le pays environnant, avec lequel ils paraissent se confondre, constituent les jardins du style champêtre. On donne le nom de sylvestres à ceux dont le sol, âpre et tourmenté, présente des rochers, des chutes d'eau, des forêts d'arbres estivaux et résineux, des clairières tapissées de gazon et émaillées de fleurs des diverses saisons ; des fabriques appropriées au site, des chaumières agrestes de bûcherons et de charbonniers, augmentent les caractères distinctifs des jardins de cette section.
Ceux de la troisième ou de style pastoral exigent des terrains unis ou un peu concaves, traversés par des eaux vives, formant des ruisseaux, de petites rivières, des lacs bordés de pelouses, de prairies, d'oseraies, de saules, de bouquets d'arbres aquatiques variés par leur port et leur hauteur, des ponts, des moulins, des bestiaux de plusieurs espèces, des cabanes rustiques propres aux animaux, qui animent la scène, et aux hommes qui la gouvernent.
On appellera jardins romantiques ceux dont le sol, très varié dans son plan, ainsi que dans ses élévations et ses contours, présente des pièces de gazon, des tapis de fleurs, des masses d'arbustes, des bouquets d'arbres d'agrément de toutes les saisons, des bois dans leurs différents âges, des futaies, des eaux dans les divers états dans lesquels on les rencontre dans la nature. Ces jardins admettent, pour ornements, des vases, des statues, des colonnes, des grottes, des ruines, des tombeaux et des temples.
Enfin, la cinquième et dernière sorte des jardins paysagistes, nommée parc ou carrière, nécessite les plus grandes dimensions dans son ensemble. Un parc comprend souvent un pays entier : celui de Versailles, par exemple, renferme le jardin des palais, les châteaux et les jardins des deux Trianons, les fermes de Satori, des hameaux, des villages et des bourgs. Les jardins de cette section admettent tout ce qui distingue les quatre précédents, tous les genres de culture, tous les bâtiments, depuis le palais des souverains jusqu'à la cabane du charbonnier et la hutte du berger. Ils comportent l'emploi des eaux sous toutes ses formes et dans les plus grandes dimensions, toutes les usines et les fabriques, tous les chemins qui doivent servir à les parcourir ou à les traverser : ils admettent tous les animaux sauvages et domestiques, toutes les scènes propres à la conservation des végétaux étranges des différentes zones de la terre. Mais il faut que chaque scène qui se présente aux regards, encadrée dans ses limites, n'offre pas de contraste choquant et encore moins de contradiction; il faut qu'elle soit liée aux autres par des transitions ménagées avec art, de manière à inspirer de l'intérêt, à le soutenir et à l'augmenter pendant toute la durée des promenades ou des courses.
(Gabriel Thouin, Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins, 1820)

Gabriel Thouin, Plan et arrangement du Jardin du Roi, 
(Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins,1820)

Le public photographiant fiancée, enfants .. avec en premier ou second plan , les parterres.
Le grand parterre
Détail
Présentation de plantes bisannuelles en parterre
Le jardin des plantes ... avec sa ménagerie, son Parotia persica , son amphithéâtre Verniquet, son jardin botanique et ses squelettes de dinosaure ... est quand même un lieu sacrément incroyable ... Le jardinier du Museum est un jardinier de " Jardin botanique", il cultive très savamment des plantes selon un ordre scientifique. Il n'est pas le jardinier d'un lieu, d'un espace, d'un paysage ... et ça se voit ... 
De la phrase de François-Henri Harcourt "Décorer un jardin c'est parer la nature, c'est rapprocher, dans un moindre terrain, les beautés qu'elle fait naître dans un plus grand espace"  il s'en fiche ... et c'est grandiose d'oubli esthétique ... On pourrait même les qualifier de "tartes" ... J'exagère ? Regardez les parterres centraux comme il se moque royalement des couleurs ... et pourtant, ce sont de loin mes parterres préférés ... mes préférés parce que ce jardinier ne nous offre pas une énième composition technique, systématique et au goût du jour... Non, ce jardinier partage avec nous son savoir ...  





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