lundi 7 juillet 2014

Le parc du château de la Rivière ...

... un grand parc en forme de carré parfait, ou oblong, ce parc étant séparé du parterre par un canal égal en longueur à celle du parc.
La disposition du parc sera belle ...
les quatre autres allées aux quatre coins d'icelui, représentant une forme d'étoile au milieu du parc ... Les places qui seront entre ces allées seront remplies les unes de bois sauvage, les autres d'arbres fruitiers, et les autres employées en prairies, terres labourables et vignes selon l'étendue du parc.
L'entrée doit avoir au dehors une place grande et spacieuse, avec une avenue à trois allées, la plus longue qu'on pourra, l'allée du milieu ayant quelque quatre toises de large, et les deux autres la moitié. Ces trois allées seront revêtues d'arbres à ombrage, et de palissades entre les arbres.
 (Louis Savot,  L’architecture françoise des bastimens particuliers, 1579)


Le Château de la Rivière et son Carré en ile 
Il y a bien longtemps que je n'avais pas vu un tel lieu ... le Parc du château de la Rivière c'est du Théâtre d'Agriculture, un jardin de 1620 parfaitement conservé ... une merveille exceptionnelle. 
"Il n'y a plus rien" se dit-on bêtement en arrivant ... Tout est là ... Je conseille vivement les amateurs de jardins historiques d'y aller ... Bien sur, point de parterre ni fleurette ici ... nous sommes dans une structure, une composition ...

Et quelle composition !!!

Plan de division e la terre de la Rivière, commune du Favril et de Pontgouin, provenant de l'émigré D'Aligre - 1794
Le texte de Louis Savot colle parfaitement au lieu, il y a la Patte d'Oie, le verger et potager, le canal et le Bosquet de l'Etoile magnifique (La disposition du parc sera belle) avec son système d'allées aux angles très fermés ( 25°) qui fait que le regard englobe 3 allées d'un seul regard...   

Le système d'allées du Bosquet de l'Etoile
Il y a aussi cet axe uniquement visuel qui traverse les bosquets, la prairie et le potager ... juste comme ça, pour articuler ...

L'axe traversant Bosquets et Potager

L'axe traversant Bosquets et Potager


Et puis ... et puis ... il y a le Carré en ile appelé Le Pré Quarré ... ne vous y trompez pas nous sommes dans du rarissime ... 


On notera que le niveau du sol est naturel et sujet aux inondations ce qui est surprenant. En effet la mise hors d'eau n'était pas une oeuvre insurmontable. Par ailleurs, la présence de l'Eure canalisée mais non détournée, rend la maîtrise de l'eau difficile. Cet état implique un mode de culture simple telle que la production de fourrage
En premier, on notera que le carré en ile est dans l'axe du château ce qui est loin d'être banal ... D'ailleurs cet axe c'est quoi ...? Le Pré Carré, les Couches, les Vignes sont des espaces agricoles. Il y a au château de la Rivière une mise en scène des espaces économiques. Le théâtre d'agriculture d'Olivier de Serre prend ici une partie de son sens

L'axe comprenant Parterre, Carré en ile, Couches, Vignes
Il y a un détail très beau que j'aime beaucoup ... Vous observerez la subtilité de la rivière Eure arrivant sauvage puis canalisée et repartant à nouveau sauvage ...


L'Eure canalisée au niveau du Carré en île
"ce parc étant séparé du parterre par un canal égal en longueur à celle du parc"
Pour réguler l'eau,  canaliser l'Eure était inutile. En revanche, cela participe à l'effet d'optique. 

En effet, le Carré en Île en forme de trapèze devient, depuis le point de vue O (extrémité centrale du parterre) un carré rectangle aux angles égaux. 
Le Carré en Ile de la terrasse (point O)

Cet effet d'optique est rendu possible grâce au parallélisme des points B,C,D
( Rives du canal, murs des terrassements)
O : Point de vue
A : Mur du Parterre
B : Rive du canal
C : Haut du premier mur de soutènement, deuxième rive du canal
D : Haut de second mur de soutènement, bas des vignes
E : Limite du domaine (mur de clôture)
F : Rivière Eure


Egalement du point de vue O' (pont du canal) les points B,C,D sont parallèles, la pointe du quadrilatère  n'est pas visible.

Autre point de vue du pont (point O')
Autre point de vue du pont (point O')

J'aime à regarder ce que les jardins sont devenus ... Ici au Château de la Rivière, le temps a effacé certains bosquets libérant une série de vues sur le château .... le château  est à son tour mis en scène dans le paysage ...

Les vues du parc vers le château

Pour connaître l'histoire, visiter cet été et même dormir au Château de la Rivière cliquer amoureusement sur ce "lien"





lundi 30 juin 2014

Brasilia ...

J'ai voulu peindre un oeil de boeuf, le reste a suivi ...
(Paul Delvaux, à propos d'Abandon,(il me semble)

Oscar Niemeyer

Congrès national du Brésil, esquisse 

Congrès national du Brésil en construction

Congrès national du Brésil à Brasília(1960)

vendredi 27 juin 2014

lundi 23 juin 2014

De l'If ou l'Arbre de mort ...

Celui-ci provient aussi des petits bâtons ou jeunes branches qu'on en plante. On en fait aussi des haies ou des contre-espaliers et sont toujours verts. On les transplante au commencement du mois de mars dans la terre sablonneuse. On en fait aussi des arbres dont on taille le branchage en couronnes, ou bien on les laisse monter tout droit en rond, selon la fantaisie de chacun.
(Jan Van der Groen, Le Jardinier du Pays-Bas, De l'If ou l'Arbre de mort, 1672)


Souvent, on me demande s'il est possible de redonner la forme originelle aux ifs anciens qui se sont laissés pervertir par le temps et les jardiniers ... Cette taille de rajeunissement est possible ... elle est tellement radicale que les jardiniers hésitent souvent à l'utiliser. Pourtant c'est une technique très ancienne déjà citée dans La théorie et la pratique du jardinage, Antoine-Joseph Dézallier d'Argenville (1709).

Taille de rajeunissement sur les ifs de la cour d'honneur de la Malmaison 

Jean-Michel Sainsard - Principe de rajeunissement sur Taxus baccata (if) 
Toutefois, l'histoire et la gestion des topiaires sont loin d'être maîtrisées. Si les méthodes pour réaliser les topiaires et les différentes architectures sont connues, la construction de gabarit pour conserver la forme originelle du topiaire semble récente. Les jardiniers appliquaient des tontes à main levée produisant immanquablement un relâchement des formes.

Anonyme, Manière de dresser les ifs XVIIe siècle - Musée des arts décoratifs (Paris)

Si j'ai longtemps conseillé et même pratiqué cette taille, mettant en avant l'homogénéité, les proportions et le rapport avec l'architecture, ... j'ai tendance maintenant à la déconseiller.

Je mets en garde systématiquement contre toute intervention systématique... si parfois ces relâchements appauvrissent le jardin, la plupart des exemples de relâchement d'ifs donnent des résultats d'une grande poésie et pour citer notre ami Jan Van der Groen, sont d'une grande fantaisie. 
On pense bien sur à Levens Hall en Angleterre, mais aussi, moins connu, au domaine de Lathan en Pays de la Loire ou au Palais Boromée à Isola Bella. Ces ifs fantasques, disproportionnés, deviennent, à l'image des ifs du Parc de Sceaux épargnés par la scandaleuse restitution des parterres, des éléments essentiels et indissociables de la composition.

Domaine de Lathan
L'if d'Isola Bella ( et mon fiston)
Les ifs du Domaine de Vayres

Et que dire des Buis de Powis Castle ?

vendredi 13 juin 2014

Paysage mauriacien ...

Tant pis ! J’oserai dire ce que je pense : paysage le plus beau du monde, à mes yeux... 
(François Mauriac à propos de Malagar)

La plage et l'embouchure de l'Ostriconi 
Au carrefour de la Balagne et de L'Agriate, un pays sauvage, une présence de l'homme subtile et une mer hostile ... à mes yeux, le plus beau paysage du monde ... j'ose le dire ...


mardi 10 juin 2014

Une journée Corse dans le jardin des Milelli ...

 Dans ma famille, le principe était de pas dépenser. Jamais d'argent que pour les objets absolument nécessaires, tels que les vêtements, meubles, etc., mais pas pour la table, excepté l'épicerie : le café, sucre, riz qui ne venaient pas en Corse. Tout autrement, était fourni par les terres. La famille avait un moulin banal où tous les villageois allaient moudre et qui payaient avec une certaine quantité de farine, un four banal qui se payait avec des poissons. On récoltait le vin. On apportait le lait, les fromages de chèvre, même la viande de boucherie ne se payait pas. On avait un compte avec le boucher, et on donnait en échange de la viande de boucherie tant d'équivalence en moutons, agneaux, chevreaux ou même boeufs. L'important était de pas dépenser d'argent. L'argent était fort rare. C'était une grande affaire que de payer avec de l'argent comptant. Il n'y avait à Ajaccio que deux jardins d'oliviers : l'un appartenait à la famille Bonaparte, l'autre aux Jésuites. Depuis, ils se sont multipliés. L'usage était que les proches parents, oncles, tantes, cousins germains ou grands-pères vinssent faire leur provision d'huile, lors de la récolte. Le dimanche, jour où venaient les paysans avec leurs chèvres, le fromage, le lait, etc. il y avait grande bombance qui durait jusqu'au lendemain et le surlendemain en hiver ; en été, on faisait des cadeaux aux parents des choses qui se seraient gâtées, et on aurait pas acheté de cadeaux, c'eût été mal vu. La famille récoltait également du vin. Elle tenait à honneur de n'avoir jamais acheté ni pain, ni vin, ni huile . 
(Napoléon Bonaparte, Cahiers de Sainte-Hélène, 15 février 1821).

Départ le matin d'Orly


Le jardin d'Oliviers des Milelli à Ajaccio
Toujours le jardin d'Oliviers
Un jardinier Corse
Une vue sur Ajaccio 
Mystère et Brocéliande
Halte au bar de l'aéroport
Retour le soir même 

Il y a des fois, je me dis que je fais un drôle de métier ...  

lundi 2 juin 2014

Coup de vieux à Matignon ...

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre...
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû le quitter des yeux...

(Georges Brassens, Auprès De Mon Arbre, 1956)

Samedi, je suis retourné à Matignon ... il y a bien longtemps que je n'y avais pas mis les pieds ... C'était " rendez vous aux jardins", Je passe rue de Babylone, pas de queue, je rentre ... 

La Satue de Pomone et les Hellébores 
J'y pensais depuis quelques temps ... Curieusement, moi qui ne suis pas très plantouille, je veux voir ce que sont devenus tous ces arbres et ces arbustes que j'ai plantés ... pour certains, il y plus de trente cinq ans. Depuis le temps que je fais ce métier, je suis toujours étonné de voir grandir les arbres. De les voir faire des feuilles au printemps m'a toujours fasciné ...

 Il y a un peu de monde mais pas trop, j'ai l'impression d'être John Wayne dans The quiet man, une sorte de retour au pays des souvenirs. 
Bien sûr, je pense à Philippe Buisson, un copain jardinier malheureusement décédé l'année dernière. Tous les deux, nous avons changé l'ambiance de ce jardin, transformant un espace propret de type "résidence de la république" en un jardin ... un vrai ... 

A peine franchi, je les vois déjà, le Magnolia planté en 1991, remplaçant un If couché par un terrible coup de vent... Je vois le Tulipier de Bérégovoy etc... Surpris aussi de voir toujours en place les Hellébores de Corse autour de la statue de Pomone

Le Magnolia, le Tulipier et le Cotinus
Je pourrais continuer comme ça avec quelques centaines de plantes que je reconnais ... un vieux Photinia, (moins courant à l'époque) Laurier du Portugal, Viburnum etc. etc. ... C'est une promenade en solo très émouvante ... 
Trois plantes attirent mon attention :
Le Ginkgo biloba d'Edith Cresson, il est immense, je n'en reviens pas ... je me souviens de lui gringalet .... les arbres vous font très nettement mesurer le temps passé et au passage, je me prends un sacré coup de vieux.

Le Ginkgo biloba
Le Cotinus coggygria ? Je ne me souvenais pas de lui ... c'est un copain de Matignon qui m'avait demandé de le planter dans le parc ... je ne sais plus pourquoi ...

Et les Iris  ... ils sont encore là ... Je suis scotché ... je m'en souviens bien, je les ai ramenés de L'Ile Aux Moines en 1995... J'avais eu l'idée de les mettre dans une des couches Pampers de mon fils ... procédé ingénieux pour faire voyager les plantes ... Ils sont toujours là et en nombre ...

Les Iris à coté du banc
En chemin, je rencontre Isabelle, l'actuelle responsable ... je lui parle de tous ces arbres, le pourquoi, le comment ... Je radote ... je lui raconte des histoires qu'elle connaît parfaitement, acquiesce gentiment ... l'impression d'avoir 150 ans ... 


vendredi 30 mai 2014

Week end Rendez-Vous aux Jardins 2014 ...





Domaine de Fontainebleau et l'étang des Carpes 

Pour Rendez-Vous aux jardins les 30, 31 mai et 1er juin allez voir le Festival de l'histoire de l'art à Fontainebleau qui se déroule aux mêmes dates .... Vous pourrez vous ballader dans le magnifique parc "de" mon ami Thierry Lerche ... 



Anonyme, Hugo Siegwart modelle une vache ... exposée ce week end

Rendez-Vous aux Jardins 2014

 Festival de L'histoire de l'art



lundi 26 mai 2014

Corsitude ...

U me sguardu s’appudda, ùn trovu ch’è bughjura
Hè nera la scrittura
Ùn ci hè versu
Ùn so leghja ad avà è morgu d’ùn sapè
D’ùn sapè O Savè
Hè quant’una prighjò d’ùn essa stata à a scola
Chì li manca a parola
À stu fogliu
A me penna ùn sà scriva a lettara par tè
Iè par tè, O Savè
O dì comu fà
Ùn possu dì nè palisà
Indu’ sarà
Issa culomba, cù lu me cantu da purtà
Se’ partitu O Tisò d’ùn sapè lu m’amori
Avà mi trica l’ora
A primura
Chì ti voddu stracquà i mei li parè
Hè quant’hè O SavèDa fà andà culà in l’Algeria strana
A nutizia luntana
A me pena
Quì tuttu mi s’hè spintu è morgu senza tè
Senza tè O Savè
Morgu di tè
Ùn la ti possu fà sapè
O Savè
Hè cussì ingratu d’un pudè
Carizzà quiddu fogliu è lampà li me sensi
Com’è fiori di carta da pudetti incantà
Signuzzà li me pienti intruscendu filari
Da caccianni altr’è tantu è po’ fatti vultà


(A. Di Meglio, M. Valentini, Lettara Muta, 2012)
Pierre-Louis et Marie dans les années 30. Ils ont quitté la Corse en 1925 pour s'installer à Marseille puis Versailles ...
Ils  ne retourneront en Corse que pour les vacances à partir des années 60
Ma grand-mère à Marseille à 27 ans ... très belle  
Tante Menia, la grande soeur ... elle restera en Corse, à Calvi ..., 
  Enfant, j'allais chez elle en vacances ... Très vieille, en noir, elle avait le visage buriné par le soleil ... j'avais une trouille d'elle ...
J'aime bien cette chanson du groupe corse Attalà ... elle raconte l'histoire d'une jeune fille illettrée qui ne peut pas écrire à son amour parti à la guerre ( rien que le résumé on pleure .... normal c'est Corse,  c'est douloureux) 
Elle me rappelle l'histoire de mon grand-père, Pedru-Luigi, un honnête homme respectable et respecté ... être le petit fils de Pierre-Louis c'était quelque chose, il suffisait de dire "eu so bisfigliolu di Pedru-Luigi"  ... et hop on était de la famille ... 

Jeune, mon grand-père était berger. Enfance douloureuse, orphelin de mère à 9 ans, illettré, mais parlant français ... pauvre, archi pauvre ... il transhumait à pied avec son troupeau de brebis une bonne partie de l'année, remontait du Niolu jusqu'à Macinaggiu, la pointe du Cap Corse, il campait la plupart du temps ...
Si l'on compare à la famille de ma grand-mère c'était le jour et la nuit ... originaire d'une famille bien plus aisée mais très loin d'être riche, ma grand mère, fille d'un éleveur de chevaux bovins et chèvres et d'une mère Suisse francophone (que les Corses appelaient "la française") transhumait par la route (et non à travers la montagne), ses parents voyageaient à cheval pour se rendre à Calca, un hameau près de Galeria ou ils possédaient une maison pour l'hiver ... En été, tout ce monde vivait à Albertacce, mon village d'origine. 

Ma grand-mère s'appelait Marie. Pierre-Louis aimait Marie et vice versa mais ils ne se parlaient pas (je rappelle qu'on est en Corse au début du 20e siècle) ... différence de classe aussi ... Pierre-Louis se décida un jour de demander Marie en mariage, sans jamais auparavant lui parler, juste des sourires, des signes complices ... 

La demande devait se faire par écrit ... dure épreuve pour un illettré ... comme dans la chanson, impossible de remplir la page et de déclarer son amour... Mais bon !!! ce n'est pas parce qu'on ne sait pas lire qu'on doit manquer de savoir-vivre ... un ami lui rédigea sa lettre. 
La famille de Marie refusa comme il se doit ... en fait, c'est la sœur aînée, Tante Menia, qui réussit à convaincre les parents que Pierre-Louis était un voyou, un bon à rien, un illettré, berger et de surcroit éleveur de brebis (il y a une grande rivalité entre les éleveurs de brebis et les éleveurs de chèvres ... d'ailleurs cette rivalité sera tenace entre mes grand-parents) ... Le refus d'un mariage par la famille était un grand classique... Mon grand-père, dans un élan de romantisme qui fait rêver les jeunes filles, "enleva" ma grand-mère ... l'emmena à Evisa ou ils vécurent pendant 6 mois puis revinrent au village d'Albertacce ou le mariage ne pouvait que se faire ... 
Cette belle histoire de famille était tabou et considérée comme une faute impardonnable par ma grand mère très chrétienne ... Elle me l'a racontée, elle avait 80 ans et était toujours aussi amoureuse de mon grand père... 
Quand Pierre-Louis et Marie revinrent au village, vous avez compris, ma grand-mère était enceinte, le curé se dirigea vers eux, furieux il leur dit " Je ne veux plus vous voir ensemble jusqu'au jour du mariage " 60 ans après ça faisait bien rire ma grand-mère ... comme quoi, les histoires corses sont parfois heureuses ...
Albertacce et l'église au début du 20e siècle, l'ancien clocher et le prête qui maria mes grand-parents
Le Niolu en avril dernier depuis la bergerie de mon grand-père
"Le soleil disparaissait derrière le Monte Cinto et la grande ombre du mont de granit se couchait sur le granit de la vallée. Nous hâtions le pas pour atteindre avant la nuit le petit village d'Albertacce, sorte de tas de pierres soudées aux flancs de pierre de la gorge sauvage."
(Guy de Maupassant : Un bandit corse, 1882)




Lien vers Lettara Muta de Attalà

mardi 6 mai 2014

Un lieu où l'homme n'est pas invité ...



( Reiser. L'écologie, Recueil de planches, 2010 )


Méréville et la Juine, la cascade artificielle  menacée

Méréville et la Juine,  la sublime cascade faisant vibrer l'eau ... elle aussi  menacée

Brissac et le Ruisseau de Monterteau, la cascade réalisée par René-Edouard André menacée
 La Batisse et ses  cascades du 18e siècle -  menacées

Courances et la rivière Ecole, pas de menace pour l'instant

Vaux le Vicomte et le ru Les Jumeaux qui alimente le canal ... pas de menace pour l'instant
Je me souviens d'un jour,  un paysagiste projetait de réaliser le long du périph' une forêt urbaine ... il souhaitait créer '' un lieu où l'homme n'est pas invité" ... 

Les articles L214-18 et R214-109 du code de l’environnement prévoient de restaurer la continuité écologique des cours d’eau. Forts de ces articles, les "gens" de l'eau "invitent" les propriétaires ou gestionnaires de jardins (entre autres) traversés par un cours d'eau, d'effacer toutes constructions faisant barrages et ainsi, restaurer la continuité écologique des cours d'eau.
Ces ouvrages menacés et pour ne parler que de ceux situés dans les jardins, sont les traces de l'homme, des traces d'usages, c'est l'art de la représentation, de l'imitation ...bref, la civilisation ... La Bâtisse en Auvergne, Méréville, Brissac (et pourquoi pas Vaux le Vicomte et Courances pendant qu'on y est ?) sont menacées ... Exit la représentation du Sublime dans les jardins, exit les cascades de Méréville .... et la rivière de Brissac (je vous en ai déjà parlé) ... Je ne suis pas spécialiste des sédiments de la faune et de la flore des rivières et il est fort probable qu'il est nécessaire d'intervenir pour rétablir cette continuité ... Certes ... Mais ces cascades de jardin sont de l'imitation et non de la destruction de la Nature ... (et franchement, j'aimerais qu'on m'apporte la preuve que les cascades des jardins cités perturbent l'écosystème).
S'attaquer à l'art et plus précisément à l'art des jardins me semble être issu d'une idéologie extrémiste qui me gène beaucoup ... S'attaquer à l'Art des jardins sans discernement et systématiquement est avant toute chose, une attaque dirigée contre l'Homme ... la mémoire de l'Homme ... Cet Homme qu'on cherche à rendre coupable et à exclure de la Nature...
Alors, je me dis que la situation est grave, je crie "aux armes !!!" On me répond qu'il faut me calmer, que ces "gens" ne sont que des technocrates de l'écologie un peu zélés ... Pas sûr que cela soit moins grave ... et curieusement, je me rappelle d'un épisode du feuilleton "Les Envahisseurs" avec le fameux David Vincent où l'on apprenait qu'il n'y avait ni art ni poésie sur la planète des "Martiens" ... je me demande parfois si ces technocrates zélés ne sont pas ces "Envahisseurs"... et je les ai VUS !!!!!